La victoire de Jules César contre Vercingétorix à Alésia en 52
avant J.-C. marque le début de la période gallo-romaine. Cependant,
la soumission des peuplades fixées sur le territoire de ce qui allait
devenir les Alpes Maritimae fut accomplit par l'empereur Auguste
en 14 avant J.-C.
Au cours des Ier et IIIe siècles le réseau routier mis en place
dans l'ensemble du Sud de la France favorise le développement économique.
Le latin supplante les dialectes gaulois et marque ainsi l'adoption
de la civilisation romaine par la Gaule. L'intégration des techniques
architecturales et l'abondante production de céramique sigillée
témoignent de cette romanisation.
Ce sont néanmoins les sépultures et les inscriptions funéraires
qui nous apportent les meilleurs renseignements sur les objets usuels
gallo-romains, notamment la parure et la céramique.
Stèle
Calcaire
Début du Ier siècle de notre ère
H. 147 cm
l. 52 cm
ép. maximale 31 cm
Lieu-dit "Saint-Donat", Callian
Si les parties visibles des tombes peuvent être ornées de reliefs
sculptés, l'essentiel réside dans l'inscription gravée qui éternise
le souvenir des défunts et de leurs vertus. En raison de son sommet
arrondi, cette stèle funéraire est dite du type "stèle-menhir".
Dans le cartouche l'inscription est la suivante :
Elle peut se traduire ainsi : " A Lucius Aconius, fils de Lucius,
de la tribu Ania, soldat de la XXIe légion, et à Quarta, son épouse,
qui sont enterrés ici ".
Fronton
Calcaire
IVe siècle
L. 126 cm
H. 84 cm
ép. 30 cm
Quartier du Moustayret, Cabris
Ce fronton, qui provient probablement d'un grand monument funéraire,
fut découvert à Cabris où il était remployé dans un mur de "restanque"
(ou terrasse de culture). C'est un des rares témoignages de la sculpture
monumentale du IVe siècle dans les Alpes-Maritimes. A cette époque,
les thèmes décoratifs des monuments funéraires dérivent du répertoire
antérieur et atteste la décadence d'un art qui a perdu le contact
avec la nature. L'alourdissement général des proportions, le caractère
artificiel des attitudes traduisent la série, la copie hâtive.
Les motifs décoratifs ont diverses origines. Certains sont empruntés
au répertoire des sarcophages comme le thème des deux amours tenant
un médaillon. Ces enfants ailés sont des allégories des âmes héroïsées
qui emportent le défunt dans l'au-delà.
Sépulture
Reconstitution d'une sépulture sous tuiles
Terre cuite
Ve siècle
L. 157 cm
l. 43,5 cm
H. 56 cm
Basilique de Notre-Dame-du-Brusc, Châteuneuf de Grasse
Le cimetière chrétien mis au jour sous la nef de la basilique romane
de Notre-Dame-du-Brusc a livré un grand nombre de tombes sous tuiles
en bâtière. Il s'agit de sépultures rudimentaires, le plus souvent
constituées de grandes tuiles plates, les tegulae, et de tuiles
canales posées de manière à protéger le faîte de la tombe. Les tegulae
portent des marques qui se ressemblent. Ces motifs, tracés au doigt
sur la terre crue, représentent souvent des rectangles et des cercles
barrés par des diagonales. Doit-on les considérer comme des marques
de fabriquants, comme des ornements ou des marques rituelles...?
Ne nécessitant pas une très grande technicité, ces tombes à inhumation
sont très répandues. On les trouve sur tout le bassin méditerranéen,
de la veille de la romanisation au VIIe siècle environ.