Dans la région de Grasse la culture de l'olivier est souvent associée
à celle de la violette et nombreux sont les parfumeurs qui sont
également producteurs d'huile d'olive. Tout d'abord le broyage des olives se fait
sous une meule verticale roulant dans une auge concave entourant
sur elle même. La pulpe obtenue est alors enfermée dans des cabas
de sparterie ou scourtins. La pression de ces scourtins se fait
ensuite à l'aide d'un pressoir à vis. Empilés sur une dalle ils sont comprimés
par la pression qu'exerce la vis sur un plateau. L'huile ainsi obtenue
est dite de première pression à froid. La seconde pression effectuée
après mouillage de la pulpe à l'eau donne des huiles de qualité
inférieure. Par des procédés de décantation et de dilution des résidus
dans des bassins successifs, on obtient un produit de qualité très
médiocre utilisé pour la savonnerie et l'éclairage. La conservation
de l'huile se fait ensuite dans des jarres fermées par des couvercles
en bois pour éviter tout contact avec l'air
C'est au XIVe siècle qu'on y voit apparaître
à Biot la jarre destinée au stockage
de l'huile. A partir de 1470, ces jarres trouvent de larges débouchés
en Provence, en Ligurie et même sur tout le pourtour de la Méditerranée.
On en a recensé douze formats différents, allant de soixante litres
à cent cinquante litres mais pouvant parfois atteindre six cents
litres.
Cette expansion va se poursuivre jusqu'à la fin du XIXe siècle
où s'amorce un déclin régulier dû à la transformation des moyens
de production et d'échanges. La jarre sera peu à peu remplacée par
des fûts et des citernes.
Ces jarres sont généralement marquées d'estampilles, imprimées
dans l'argile encore humide, qui peuvent se classer en trois catégories
:
marque du propriétaire des jarres ou du contenu des jarres.
marque du fabricant, ce qui équivaut à une signature.
symboles religieux dont le plus répandu est le chrisme Bernardin,
sa présence assure une protection qui, des hommes, s'étend vite
aux récipients et aux marchandises.