Selon Pline les premiers verriers se seraient installés en Gaule
au cours du premier siècle de notre ère, époque de l'invention de
la canne à souffler.
Les lieux-dits "verrerie" ou "verrerie vieille" semblent attester
de la présence d'innombrables lieux de production en Provence. En
fait, il faut concevoir que ces lieux sont essentiellement mouvants,
tributaires de facteurs économiques divers : matières premières,
sable siliceux, soude, main d'oeuvre, combustible surtout, commandent
la production.
De plus, le maître verrier doit construire ses fours, créer son
matériel de pots et de creusets avec les ressources locales. Enfin,
il doit s'installer à proximité de voies de communication pour pouvoir
écouler sa marchandise.
Si le sable siliceux se trouve en abondance dans les lits des cours
d'eau ou sur les plages, ainsi que les herbes propres à fournir
la soude, telles la salicorne ou le varech, l'épuisement du bois
- hêtre, peuplier, pin ou chêne - dont un four de verrier est grand
consommateur est le motif de constants déplacements des lieux de
production car, pour obtenir un verre déterminé il faut alimenter
le four avec la même essence. Enfin, le point de fusion du verre
étant très élevé et difficile a atteindre il ne faut pas laisser
retomber le feu.
En Provence les besoins en verre sont importants et variés. En dehors
des vitres, ce sont les verres incolores pour les bouteilles et
les bocaux destinés au transport des vins, des huiles et des conserves
de poisson et d'olives, les verres colorés bleus ou jaunes pour
les eaux florales, le verre noir pour les pots à truffes.
A ces productions s'ajoutent dès le début du XVIIIe siècle les objets
de luxe ou d'ornement : lustres, bougeoirs, bénitiers, seaux de
table, girandoles, écritoires... Au XIXe siècle l'arrivée du chemin
de fer en Provence va bouleverser cette production permettant une
alimentation plus constante des fours en charbon.
Ensemble de verrerie provençale
- XVIIIe et XIXe siècles
Ensemble de verrerie provençale
- XVIIIe et XIXe siècles