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Une histoire de la parfumerie
Au pays des pharaons

 

 

 

Main de momie portant des bandelettes imprégnées de substances aromatiques - Egypte - Moyen Empire (2160 - 1785 av. J.C.) - L. 20,5 cm

 

Vase à onguent - albâtre - Egypte - Moyen Empire (2160 - 1785 av. J.C.) - H 7,3 cm

Dans l'Egypte antique, les prêtres rendent hommage à leurs dieux par des fumigations parfumées accompagnant leurs prières. Ils utilisent des senteurs puissantes particulièrement prisées des égyptiens et favorisant l'élévation de l'âme : résine de térébinthe, olibanum, galbanum, ladanum, myrrhe,...

Huiles parfumées, onguents et fards participent également au rite : chaque matin, les prêtres procèdent à la toilette des statues divines puis oignent et fardent leur visage.

Par ces offrandes, les égyptiens s'assurent la protection des dieux pour leur passage dans l'au-delà, qui nécessite le maintien de leur intégrité corporelle. Cette croyance explique la pratique de l'embaumement qui conserve intact le corps dans des substances imputrescibles et parfumées.

 

Coupelle à fard (canal saillant) - terre cuite - Egypte - Basse Epoque (1085 - IVe siècle av. J.C.) - H. 2,4 cm   D. 7,1 cm

Pour la préparation de ces produits, les égyptiens possèdent de véritables laboratoires où ils pratiquent l'extraction par pressurage, la macération à chaud dans l'huile d'olive, de sésame ou d'amande ainsi qu'une technique évoquant une forme de distillation. Outre les gommes-résines, quantité de fleurs et de feuilles entrent dans la composition des parfums. Mais les odeurs les plus recherchées sont celles du lotus, du lis et de l'iris.
Onguents et huiles parfumés ainsi obtenus sont ensuite conservés dans de précieux récipients en pierre, en métal ou en pâte de verre.

 

Mortier à fard et pilon - calcite - Egypte - Ancien Empire (2700 - 2200 av. J.C.) - H. 4,8 cm

Substances parfumées et fards ne laissent pas insensibles les mortels qui les utilisent d'abord pour leurs vertus magiques et thérapeutiques. Mais très vite, ils deviennent instruments de séduction par leur pouvoir odorant et esthétique. L'utilisation des fards engendre la fabrication d'objets spécifiques : cuillers, mortiers, spatules, pots et bâtonnets à kohol...

 

Récipient à kohol et bâtonnet - ivoire - Egypte - VIe siècle av. J.C. - H. 13 cm

Cependant, malgré cet usage profane, les substances parfumées demeurent avant tout, pour les égyptiens, une prière, une offrande à leurs divinités.

 

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Embaumement

Pied de momie portant des bandelettes imprégnées de 	substances aromatiques - Egypte - Moyen Empire (2160 - 1785 av. J.C.) - L. 23,5 cm

L'embaumement consiste à préserver l'intégrité corporelle des égyptiens pour leur passage dans l'au-delà.

"On commence à retirer le cerveau par les narines à l'aide d'un crocher en fer et en y injectant des drogues dissolvantes. Puis on incise les flancs avec une pierre d'Ethiopie tranchante et on retire les intestins qui sont nettoyés au vin de palme et purifiés avec des aromates broyés. On remplit l'abdomen de myrrhe, de cannelle et autres aromates et on le recoud. On plonge ensuite le cadavre dans le natron où on le laisse soixante dix jours... Ensuite on lave le corps, on l'enveloppe dans de fines bandelettes de lin enduites d'une sorte de gomme..."

Hérodote (v. 484 - v. 420 av. J.C.)

 

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Récipients

Vase à onguent et couvercle - céramique à glaçure bleue - Egypte - Moyen Empire (2160 - 2200 av. J.C.) - H. 5 cm   D. 6 cm

Vase à onguent - albâtre - Egypte - Nouvel Empire (1580 - 1085 av. J.C.) - H. 7,5 cm - Dépôt du Musée du Louvre, Paris

 

Des récipients de formes diverses contiennent tous les onguents déposés dans les tombes : récipients à panse arrondie ou majestueux gobelets, qui se caractérisent par leur large ouverture, couverte d'un bouchon plat et d'une étoffe. Toutes sortes de pierres sont travaillées à cet effet, mais c'est l'albâtre qui domine.

 

Flacon - pâte de verre - Egypte - VIe siècle - H. 4.3 cm   L. 13 cm - Dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris

Alabastre - albâtre - Egypte - Nouvel Empire (1580 - 1085 av. J.C.) - H. 12,6 cm   D. 4 cm - Dépôt du Musée du Louvre, Paris

Pour les parfums, huiles aromatisées plus ou moins fluides, les vases et petits récipients d'albâtre principalement, puis, dès le Nouvel Empire, en fritte glaçurée d'une rare audace de fabrication et de technique, sont parfois remplacés par de petits flacons de verre de plusieurs couleurs. Ils se caractérisent tous par leur allure de fioles à col haut et à anses, propre à verser un liquide plutôt qu'à faciliter son prélèvement, comme pour les onguents.

 

 

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Fards

Boite à fard compartimentée - pierre - Syrie - Ie millénaire av. J.C. - H. 3,5 cm   D. 9,5 cm

Boite à fard compartimentée et couvercle - pierre - Syrie - Ie millénaire av. J.C. - H. 3,5 cm   D.9,5 cm

Palette à fard en forme de poisson - schiste - Egypte - vers 3500 av. J.C. - L. 14,3 cm

 

La femme pour garder la peau blanche, symbole de sa haute position sociale, se couvre le visage de blanc. Elle colore ses joues d'un mélange d'oxyde de fer et de carbonate de calcium et ravive ses lèvres avec de l'ocre rouge mélangé à une graisse.

 

Récipient à kohol et bâtonnet - pierre, bronze - Egypte - VIe siècle av. J.C. - H. 13 cm

 

Le trait essentiel consiste à mettre les yeux en valeur. Si le fard a tout d'abord un usage thérapeutique - il préserve les yeux des maladies fréquentes dans un pays où la lumière est éclatante - il devient ensuite élément de séduction.

 

Récipient à kohol - bois - Egypte - VIe siècle av. J.C. - H. 23 cm

Hommes et femmes cernent leurs yeux d'un large cercle vert malachite, mais ils emploient le plus souvent le noir de galène dit Mastim ou Stim, qui signifie "qui rend les yeux parlants" et qui allonge la fente de l'oeil. Aujourd'hui encore certains pays, comme ceux du Proche Orient et l'Inde, restent fidèles à l'emploi du khôl.

 

 

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