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Association pour le Rayonnement du Musée International de la Parfumerie

   
 

Une histoire de la parfumerie
Le Moyen Age et la Renaissance

 

 

 

Flacon - verre émaillé, vermeil - Venise - XVIIe siècle - H. 6,4 cm - Dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris

 

La montée du christianisme s'accompagne d'une régression dans l'utilisation des parfums et des cosmétiques. Par contre, la présence de bains dans les monastères et les palais atteste la survivance des règles d'hygiène introduites dans l'Antiquité.

De même, l'usage des plantes médicinales demeure : dans les jardins, particulièrement ceux des couvents, des carrés sont réservés aux "simples".

 

Flacon - verre soufflé, argent - France - XVIIe siècle - H. 5,2 cm - Dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris

Par les croisades (1096-1291), les échanges entre l'Orient et l'Occident se développent, améliorant ainsi les routes du commerce. Les croisés rapportent d'Orient des senteurs et des épices nouvelles et réintroduisent l'habitude d'accompagner la toilette d'applications parfumées.

En France, apothicaires, herboristes et tanneurs vendent épices et produits aromatiques. Pour limiter la concurrence très vive une corporation regroupant les épiciers et les apothicaires se forme ; mais ces derniers, plus puissants, occupent rapidement les fonctions d'assistants médicaux et de parfumeurs.

 

Flacon porte bonheur en forme de main - verre émaillé - Allemagne - XVIIe siècle - H. 8,6 cm

Flacons "à la façon Venise" - verre soufflé - France - XVIIe siècle - H. 7,6 cm ; 8 cm ; 8 cm - Dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris

L'usage des parfums à la violette, la lavande, la fleur d'oranger se répand auprès des dames nobles ou fortunées et les élégantes dissimulent sous leurs vêtements ou dans leur linge des sachets parfumés. Des objets précieux, comme les pommandres font leur apparition, renfermant des parfums en pâte odorante composée de plusieurs résines. Les flacons, dont les plus somptueux proviennent de Venise, mais également de Bohème, contiennent des eaux de senteur.
Pour assainir et parfumer les maisons, on brûle du laurier ou du romarin dans les cheminées et on jonche le sol d'herbes odorantes.

 

 

A cette époque, Grasse est déjà renommée pour ses tanneries. Dès le XIIe siècle, elle noue des liens commerciaux avec Gênes mais surtout avec l'Espagne à qui elle achète les peaux. Les paysans grassois distillent déjà des plantes et vendent leurs produits sur les marchés mais la ville n'a pas encore atteint un grand rayonnement.

Durant la Renaissance, marquée par la redécouverte de l'Antiquité gréco-latine et l'invention de l'imprimerie, quantité d'ouvrages techniques en italien et en français livrent des recettes d'eaux odoriférantes pour parfumer les vêtements, le corps, les maisons, mais aussi de parfums secs qui composent les pommes de senteur et les oiselets de Chypre. Ces substances parfumées parfument également les gants et les ceintures dont la mode introduite en France par l'Italie et l'Espagne contribue à la prospérité de la tannerie grassoise. Les matières premières animales, très prisées pour leurs pouvoirs envoûtants et aphrodisiaques, entrent aussi dans la composition de nombreuses recettes.

Grâce aux recherches des scientifiques, la Renaissance permet de faire progresser considérablement l'art de la parfumerie : la chimie remplace l'alchimie et améliore la distillation et la qualité des essences.

 

 

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Venise

Flacon - onyx, argent - Venise - XVIIe siècle - H. 6,9 cm

Flacon "à la façon Venise" - verre soufflé, étain - France - XVIIe siècle - H. 7,7 cm - Dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris

 

Au XVIe siècle, Venise fabrique les premiers flacons en verre soufflé, selon des techniques orientales utilisées à Murano depuis plus d'un siècle : verre blanc laiteux, verre à filigranes, ornements rapportés.

 

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Bohème

Flacon porte bonheur en forme de main - verre émaillé - Allemagne - XVIIe siècle - H. 8,6 cm

Flacon en forme de poire à poudre - verre soufflé, vermeil - Allemagne - XVIIe siècle - H. 12,5 cm

Tonnelet à parfum - verre soufflé blanc - France - La Margeride - XVIIe siècle - H. 11,5 cm   L. 17,1 cm

Flacon "à la façon Venise" - verre soufflé, argent - Allemagne - XVIIe siècle - H. 5,2 cm - Dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris

 

Des verriers vénitiens émigrés en Allemagne et en Bohème y importent la technique du verre soufflé. La qualité du quartz permet d'obtenir un verre assez dur pour être taillé, poli, gravé, teinté dans la masse ou décoré de dorures. Ces verriers s'affranchissent rapidement de la tradition italienne et proposent des formes tout à fait originales.

Cette technique est reprise en France qui produit de nombreux flacons "à la façon de Venise".

 

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Oiselets de Chypre

 

Les premiers "oyselets de chipre" retrouvés sans aucune mention supplémentaire datent de 1668. D'après Lemery ou Charas, ce sont des sortes de troschisques qu'on jette dans le feu (cassolettes, parfumoirs,...) pour en recevoir une odeur agréable et corriger la malignité de l'air et qui, en brûlant, s'envolent peu à peu à la façon des oiseaux.

La recette de ces "Oiselets de Chypre" selon Lemery comprend du charbon de saule, de la gomme adragante, de l'eau de rose, du labdanum, du musc, de la civette, de l'ambre gris, du storax, du benjoin, du bois de Rhodes et essence, de la cannelle, du girofle, de "l'élémi".

Selon Denis (1721), les oiselets seraient ainsi composés : charbon de saule, racines de cypérus, labdanum, mastic, encens, styrax, marjolaine, cannelle, girofle, santal citrin, roses rouges.

 

 

vers Une histoire de la parfumerie

 

     
 
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