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Une histoire de la parfumerie
Le Moyen Age et la Renaissance
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La montée du christianisme s'accompagne d'une
régression dans l'utilisation des parfums et des cosmétiques. Par
contre, la présence de bains dans les monastères et les palais atteste
la survivance des règles d'hygiène introduites dans l'Antiquité.
De même, l'usage des plantes médicinales demeure : dans les jardins,
particulièrement ceux des couvents, des carrés sont réservés aux
"simples".
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Par les croisades (1096-1291), les échanges entre
l'Orient et l'Occident se développent, améliorant ainsi les routes
du commerce. Les croisés rapportent d'Orient des senteurs et des
épices nouvelles et réintroduisent l'habitude d'accompagner la toilette
d'applications parfumées.
En France, apothicaires, herboristes et tanneurs vendent épices
et produits aromatiques. Pour limiter la concurrence très vive une
corporation regroupant les épiciers et les apothicaires se forme
; mais ces derniers, plus puissants, occupent rapidement les fonctions
d'assistants médicaux et de parfumeurs.
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L'usage des parfums à la violette,
la lavande, la fleur
d'oranger se répand auprès des dames nobles ou fortunées et les
élégantes dissimulent sous leurs vêtements ou dans leur linge des
sachets parfumés. Des objets précieux, comme les pommandres
font leur apparition, renfermant des parfums en pâte odorante composée
de plusieurs résines. Les flacons, dont les plus somptueux proviennent
de Venise, mais également
de Bohème, contiennent des
eaux de senteur.
Pour assainir et parfumer les maisons, on brûle du laurier ou du
romarin dans les cheminées et on jonche le sol d'herbes odorantes.
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A cette époque, Grasse est déjà renommée pour ses tanneries. Dès
le XIIe siècle, elle noue des liens commerciaux avec Gênes mais
surtout avec l'Espagne à qui elle achète les peaux. Les paysans
grassois distillent déjà des plantes et vendent leurs produits sur
les marchés mais la ville n'a pas encore atteint un grand rayonnement.
Durant la Renaissance, marquée par la redécouverte de l'Antiquité
gréco-latine et l'invention de l'imprimerie, quantité d'ouvrages
techniques en italien et en français livrent des recettes d'eaux
odoriférantes pour parfumer les vêtements, le corps, les maisons,
mais aussi de parfums secs qui composent les pommes de senteur et
les oiselets de Chypre.
Ces substances parfumées parfument également les gants et les ceintures
dont la mode introduite en France par l'Italie et l'Espagne contribue
à la prospérité de la tannerie grassoise. Les matières premières
animales, très prisées pour leurs pouvoirs envoûtants et aphrodisiaques,
entrent aussi dans la composition de nombreuses recettes.
Grâce aux recherches des scientifiques, la Renaissance permet de
faire progresser considérablement l'art de la parfumerie : la chimie
remplace l'alchimie et améliore la distillation et la qualité des
essences.
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Venise
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Au XVIe siècle, Venise fabrique
les premiers flacons en verre soufflé, selon des techniques orientales
utilisées à Murano depuis plus d'un siècle : verre blanc laiteux,
verre à filigranes, ornements rapportés.
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Bohème
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Des
verriers vénitiens émigrés en Allemagne et en Bohème y importent
la technique du verre soufflé. La qualité du quartz permet d'obtenir
un verre assez dur pour être taillé, poli, gravé, teinté dans la
masse ou décoré de dorures. Ces verriers s'affranchissent rapidement
de la tradition italienne et proposent des formes tout à fait originales.
Cette technique est reprise en France qui produit de nombreux flacons
"à la façon de Venise".
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Oiselets de Chypre
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Les premiers "oyselets de chipre" retrouvés sans aucune mention
supplémentaire datent de 1668. D'après Lemery ou Charas, ce sont
des sortes de troschisques qu'on jette
dans le feu (cassolettes, parfumoirs,...) pour en recevoir une odeur
agréable et corriger la malignité de l'air et qui, en brûlant, s'envolent
peu à peu à la façon des oiseaux.
La recette de ces "Oiselets de Chypre" selon Lemery comprend du
charbon de saule, de la gomme adragante, de l'eau de rose, du labdanum,
du musc, de la civette, de l'ambre gris, du storax, du benjoin,
du bois de Rhodes et essence, de la cannelle, du girofle, de "l'élémi".
Selon Denis (1721), les oiselets seraient ainsi composés : charbon
de saule, racines de cypérus, labdanum, mastic, encens, styrax,
marjolaine, cannelle, girofle, santal citrin, roses rouges.
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