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Une histoire de la parfumerie
Le XVIIIe siècle
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que le règne de Louis XIV s'achève, les pensées et les mœurs de
la Cour évoluent. La nouvelle sensibilité
olfactive de cette société raffinée se traduit par une intolérance
des odeurs fortes et un regain des odeurs champêtres, des senteurs
naturelles. Aux parfums violents dissimulant des effluves nauséabonds
succèdent des préparations fleuries et sophistiquées, teintées de
fantaisie.
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La Cour
utilise des eaux délicates composées de bouquets floraux : l'Eau
Divine, l'Eau de Mille fleurs, l'Eau de Bouquet du Printemps,...
ainsi que l'Eau Admirable, l'Eau sans Pareille, fraîches et légères,
issues de la distillation des "fruits
à écorces" ou de leurs huiles essentielles obtenues en râpant
leurs zestes. Ces parfums venus d'Allemagne sous l'appellation d'Eau
de Cologne connaissent une grande vague à Paris.
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La renommée
des parfumeurs français favorise l'essor de la parfumerie grassoise
et la culture des plantes à parfums, tandis qu'apparaissent de nouveaux
savoir-faire, comme la technique de l'enfleurage ou le travail de
l'écorce de bergamote.
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Des
distillateurs et parfumeurs de qualité produisent des eaux aussi
légères, transparentes et délicates que les flacons en cristal,
venus de Bohême ou d'Angleterre, qui les contiennent. En effet,
ce siècle, rêgne de la séduction, connaît une prolifération de brimborions
précieux contenant parfums, vinaigres et fards : étuis et nécessaires,
pommanders, vinaigrettes,
boîtes bergamotes typiquement
grassoises, pots-pourris
pour les parfums d'ambiance,...
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En
cette fin du XVIIIe siècle, le parfum, tout en demeurant un luxe,
s'attache davantage aux valeurs de la nature et aux états de l'esprit,
fortement empreint de l'idéologie rousseauiste.
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Flacons |
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Une véritable
frénésie parfumée s'empare de la société du XVIIIe siècle au cours
duquel l'usage veut que tout exhale une odeur particulière.
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Ce siècle
de la mise en scène accorde une place privilégiée à l'art du paraître
et aux objets qui l'accompagnent.
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Flacons
et brimborions précieux suscitent alors un incroyable engouement,
que favorise l'apparition de nouvelles techniques comme celle de
la porcelaine dure, permettant la création de formes très variées.
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Nécessaire |
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Les
flacons à odeurs sont aussi contenus dans de grands coffres nommés
"nécessaires" ; la première mention de ce mot apparaît dans une
lettre de la duchesse d'Orléans, mère du Régent, datée du 24 mars
1718 : "Mon fils, écrit-elle, a donné à sa soeur un nécessaire,
c'est une petite caisse où se trouve tout ce qu'il faut pour prendre
le thé, le café, le chocolat...".
Les comptes de Lazare Duvaux mentionnent qu'un nécessaire a été
livré à Louis XV comprenant les effets pour la toilette, mais aussi
les accessoires utiles pour un léger déjeuner.
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A
côté de ces imposants nécessaires, on assiste, au cours de ce siècle
surnommé par Voltaire "le siècle des petitesses", à une prolifération
de délicieux et charmants brimborions comprenant étuis, flacons,
nécessaires, que l'on retrouve dans les poches des élégantes. Les
nécessaires de poche renferment la minuscule reproduction d'une
toilette portative, où flacons, entonnoir, cure-oreilles, gratte-langue,
enfin tablettes d'ivoire chargées de doux messages, s'encastrent
avec minutie dans leur petit logement. De forme cubique ou chantournée,
en pierre, or ou galuchat, leur intérieur est toujours doublé de
velours ou de soie. Attraits des loteries royales, cadeaux de galanterie,
ils sont aussi des objets d'échanges entre les diverses Cours d'Europe.
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Ce
coffre en acajou et en cuivre réalisé par Palma, ébéniste à Paris,
comprend une cinquantaine d'objets dont des flacons de toilette,
des boîtes à poudre et des pots à onguent, mais aussi des pièces
en porcelaine décorées de la Manufacture d'Outrequin de Montarcy.
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D'après
les Mémoires de Madame Campan, cet objet aurait été officiellement
commandé par la reine en 1791 pour sa soeur, la Duchesse de Saxe-Teschen.
Mais, d'après le témoignage de la femme de chambre de la reine,
il était prévu qu'il fasse partie des bagages de la famille royale,
lors de sa fuite qui s'acheva à Varenne. Saisi en 1794 dans le dessein
de le porter à la Monnaie pour en fondre l'argenterie, ce nécessaire
fut cependant préservé.
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Le
premier nécessaire de voyage de la Reine est conservé au Département
des Objets d'Arts du Musée du Louvre. |
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Pommanders |
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Porter
sur soi un produit odorant pour se protéger des épidémies est un
usage très ancien. Lorsque les parfums existaient seulement sous
forme solide, l'élégante avait l'habitude, dès le XIVe siècle, de
mettre des boules de senteur dans de petits bijoux précieux appelés
pommanders, suspendus
à son cou où à sa ceinture. En or ou en argent ajouré, ils ont des
formes variées (fruits, animaux) mais évoquent le plus souvent une
pomme qui s'ouvre par quartiers. The Dictionnary
of the English Language, de 1768, explique que le mot pommander
vient du substantif français pomme d'ambre. Un autre dictionnaire
anglais de 1811 précise qu'il était gardé dans la poche ou suspendu
au cou comme une amulette. Son exhalaison était considérée comme
un excellent préservatif contre la peste. Peu à peu, les pommanders
disparaissent, les parfums se présentant de plus en plus sous forme
liquide. D'autre part, devant le discrédit du musc, les parfumeurs
suggèrent à toutes les dames de porter leur parfum dans des flacons
de peur d'incommoder ceux qui ne les supportent plus.
Petites boîtes de formes variées, généralement rectangulaires,
munies d'une chaînette, les vinaigrettes
permettent de garder dans sa poche du vinaigre aromatique. A
l'intérieur, une grille en métal doré (pour lui éviter d'être attaquée
par l'acide) s'articule autour d'une charnière, maintenant un petit
morceau d'éponge turque imbibé de vinaigre aromatique.
Obtenu par distillation ou en infusion au vinaigre de plantes odorantes,
le vinaigre est utilisé pour la toilette (il lave le visage et donne
du ton aux fibres de la peau) ou comme thérapie. En effet, lorsque
la femme s'évanouit, son entourage peut lui frictionner le front
avec un coton imbibé de vinaigre, ce qui apporte un complément appréciable
à l'effet de l'inhalation. Selon les goûts, il est possible de disposer
de vinaigres aromatiques tels que ceux de lavande ou de colchique.
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Bergamotes |
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L'industrie
florissante de Grasse au XVIIIe siècle favorise la création d'une
spécialité : les boîtes bergamotes ou "orangettes" réalisées avec
l'écorce de la bergamote.
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La
peau retournée est disposée sur un mandrin de bois afin d'en épouser
la forme en séchant. Puis recouverte d'un cartonnage, elle est ensuite
peinte, le plus souvent de scènes galantes et enfin vernie.
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Ces boîtes
bergamotes contiennent des pastilles, de la poudre, des petits flacons...
et font souvent l'objet de présents.
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Il existe
parallèlement des boîtes-coffrets en carton dont l'intérieur est
souvent confectionné d'une marqueterie de bergamote.
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Ces
objets de facture et de décor plus grossiers sont vraisemblablement
réalisés en Italie pour être acheminés ensuite vers Grasse.
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Pots-pourris |
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Au
siècle des Lumières, mouchoirs, vêtements, boiseries, tentures,
... tout est parfumé. Pour l'atmosphère, on utilise des brûle-parfums
et des vases à pot-pourri, véritables oeuvres d'art en métal précieux
ou en porcelaine, qui contiennent des matières séchées parfumant
ainsi l'environnement. Le pot-pourri disparaît avec la Révolution.
Une recette de pot-pourri :
Mettre dans un pot, en alternant, une
couche de plantes aromatiques et une couche de sel jusqu'à ce qu'il
soit plein :
> roses, fleurs d'oranger, lavande, marjolaine
> thym, myrte, mélilot, romarin, laurier,
> clous de girofle,
> feuilles de roses, muscade et oeillets.
Boucher. Laisser reposer au soleil en remuant un jour sur deux.
Utiliser au bout d'un an.
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