Informations Plan du site Accueil
Musée International de la ParfumerieMusées d'Art et d'Histoire de ProvenceVilla Musée Jean-Honoré Fragonard Boutique Pédagogie
Actualité Visite Virtuelle
Partenaires Questions fréquemment posées

Matières  premières de toutes originesPrincipales techniquesLa création en parfumerieUne histoire de la parfumerieDe le réclame au marketing

Association pour le Rayonnement du Musée International de la Parfumerie

Nécessaire de poche comprenant deux flacons et un entonnoir - Galuchet, cristal, métal doré - France - XVIIIe siècle - H. 7,1 cm
   
 

Une histoire de la parfumerie
Le XVIIIe siècle

 

 

 

Flacon à parfum - Cristal, vermeil - Allemagne - début du XVIIIe siècle - H. 12 cm

Flacon - figurine : jeune homme portant un chien - socle enserrant un miroir - Porcelaine dure, bronze - Allemagne, Meissen - vers 1750 - H. 8 cm

Alors que le règne de Louis XIV s'achève, les pensées et les mœurs de la Cour évoluent. La nouvelle sensibilité olfactive de cette société raffinée se traduit par une intolérance des odeurs fortes et un regain des odeurs champêtres, des senteurs naturelles. Aux parfums violents dissimulant des effluves nauséabonds succèdent des préparations fleuries et sophistiquées, teintées de fantaisie.

 

 

 

Flacon à parfum - Cristal taillé et gravé, argent - Allemagne - XVIIIe siècle - H. 12,5 cm - Dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris.

La Cour utilise des eaux délicates composées de bouquets floraux : l'Eau Divine, l'Eau de Mille fleurs, l'Eau de Bouquet du Printemps,... ainsi que l'Eau Admirable, l'Eau sans Pareille, fraîches et légères, issues de la distillation des "fruits à écorces" ou de leurs huiles essentielles obtenues en râpant leurs zestes. Ces parfums venus d'Allemagne sous l'appellation d'Eau de Cologne connaissent une grande vague à Paris.

 

Ensemble de boîtes bergamotes - Grasse - XVIIIe siècle - D. de 5 cm à 6,9 cm

La renommée des parfumeurs français favorise l'essor de la parfumerie grassoise et la culture des plantes à parfums, tandis qu'apparaissent de nouveaux savoir-faire, comme la technique de l'enfleurage ou le travail de l'écorce de bergamote.

 

Nécessaire de poche en forme de livre décoré sur un plat d'une jeune femme jouant de la lyre, sur l'autre d'un rébus : "Elle m'a tenté" et sur le dos de l'inscription : "Etrennes du Sentim". A l'intérieur, deux flacons - Maroquin doré au fer, cristal taillé - France - XVIIIe siècle - H. 7,5 cm

Pommandre en forme de gland et vinaigrette en forme de poire - Argent guilloché - Allemagne - XVIIIe siècle - h. 4,1 cm ; 7 cm

 

Des distillateurs et parfumeurs de qualité produisent des eaux aussi légères, transparentes et délicates que les flacons en cristal, venus de Bohême ou d'Angleterre, qui les contiennent. En effet, ce siècle, rêgne de la séduction, connaît une prolifération de brimborions précieux contenant parfums, vinaigres et fards : étuis et nécessaires, pommanders, vinaigrettes, boîtes bergamotes typiquement grassoises, pots-pourris pour les parfums d'ambiance,...

 

Vase à pot-pourri en forme de vase Médicis, couvercle surmonté d'une statuette de Vulcain. Terre cuite moulée à glaçure plombeuse - Italie, Albissola - XVIIIe siècle - H. 105,5 cm

Nécessaire de voyage de Marie-Antoinette, reine de France (1755 - 1793) - Acajou, cristal, porcelaine, or, argent, ébène, ivoire, cuir - France - XVIIIe siècle - L. 77 cm   l. 44 cm   H. 16,5 cm

En cette fin du XVIIIe siècle, le parfum, tout en demeurant un luxe, s'attache davantage aux valeurs de la nature et aux états de l'esprit, fortement empreint de l'idéologie rousseauiste.

 

 

retour au début

 

 

Flacons

Flacon à parfum - Porcelaine - Angleterre, Wedgwood - fin XVIIIe siècle - H. 10,5 cm

Une véritable frénésie parfumée s'empare de la société du XVIIIe siècle au cours duquel l'usage veut que tout exhale une odeur particulière.

 

Flacon à parfum - Porcelaine dure, métal doré - Allemagne, Saxe - vers 1755 - H. 11,7 cm

 

Ce siècle de la mise en scène accorde une place privilégiée à l'art du paraître et aux objets qui l'accompagnent.

 

Flacon - figurine : grotesque masqué de la comédie italienne, déculotté et assis sur une tortue - Porcelaine dure, métal doré - Italie, Naples - vers 1785 - H. 7,2 cm

Flacon - figurine : jeune fille portant un chien - socle enserrant un miroir - Porcelaine dure, bronze - Allemagne, Meissen - vers 1750 - H. 9 cm

Flacons et brimborions précieux suscitent alors un incroyable engouement, que favorise l'apparition de nouvelles techniques comme celle de la porcelaine dure, permettant la création de formes très variées.

 

 

 

retour au début

 

 

Nécessaire

Nécessaire de voyage de Marie-Antoinette, reine de France (1755 - 1793) - Acajou, cristal, porcelaine, or, argent, ébène, ivoire, cuir - France - XVIIIe siècle - L. 77 cm   l. 44 cm   H. 16,5 cm

Les flacons à odeurs sont aussi contenus dans de grands coffres nommés "nécessaires" ; la première mention de ce mot apparaît dans une lettre de la duchesse d'Orléans, mère du Régent, datée du 24 mars 1718 : "Mon fils, écrit-elle, a donné à sa soeur un nécessaire, c'est une petite caisse où se trouve tout ce qu'il faut pour prendre le thé, le café, le chocolat...".
Les comptes de Lazare Duvaux mentionnent qu'un nécessaire a été livré à Louis XV comprenant les effets pour la toilette, mais aussi les accessoires utiles pour un léger déjeuner.

 

Coffret à parfum contenant quatre flacons, un entonnoir et une coupelle - Sur chaque flacon, étiquette "Dulac, parfumeur au buste d'or, rue Saint-Honoré, près de l'Oratoire n°141 à Paris" - Marqueterie gainée de soie rose, cristal taillé, argent, porcelaine (marque bleue de Vincennes) - France - milieu du XVIIIe siècle - H.13 cm   L. 14 cm

Etui à flacon doublé d'un étui ajouré, finement décoré, flacon avec bouchon-tige - Ivoire, cristal - France, Dieppe - fin du XVIIIe siècle - H. 9,9 cm

Nécessaire de voyage de Marie-Antoinette, reine de France (1755 - 1793) - Acajou, cristal, porcelaine, or, argent, ébène, ivoire, cuir - France - XVIIIe siècle - L. 77 cm   l. 44 cm   H. 16,5 cm

 

A côté de ces imposants nécessaires, on assiste, au cours de ce siècle surnommé par Voltaire "le siècle des petitesses", à une prolifération de délicieux et charmants brimborions comprenant étuis, flacons, nécessaires, que l'on retrouve dans les poches des élégantes. Les nécessaires de poche renferment la minuscule reproduction d'une toilette portative, où flacons, entonnoir, cure-oreilles, gratte-langue, enfin tablettes d'ivoire chargées de doux messages, s'encastrent avec minutie dans leur petit logement. De forme cubique ou chantournée, en pierre, or ou galuchat, leur intérieur est toujours doublé de velours ou de soie. Attraits des loteries royales, cadeaux de galanterie, ils sont aussi des objets d'échanges entre les diverses Cours d'Europe.

 

Ensemble de flacons - Cristal, vermeil, argent - nécessaire de voyage de Marie-Antoinette - France - avant 1791 - H. de 6 cm à 14 cm

Theière, assiette, pot à sucre, tasses et soucoupes, crachoir, pots à pommade - Porcelaine - nécessaire de voyage de Marie-Antoinette - France - avant 1791 - D. de 6 cm à 19 cm

 

Ce coffre en acajou et en cuivre réalisé par Palma, ébéniste à Paris, comprend une cinquantaine d'objets dont des flacons de toilette, des boîtes à poudre et des pots à onguent, mais aussi des pièces en porcelaine décorées de la Manufacture d'Outrequin de Montarcy.

 

Chocolatière et son moussoir - Argent, ébène - nécessaire de voyage de Marie-Antoinette - France - 1788 - 1789 - H. 11,8 cm   D. 7,2 cm

Chocolatière et son moussoir - Argent, ébène - nécessaire de voyage de Marie-Antoinette - France - 1788 - 1789 - H. 11,8 cm   D. 7,2 cm

Nécessaire de voyage de Marie-Antoinette, reine de France (1755 - 1793) - Acajou, cristal, porcelaine, or, argent, ébène, ivoire, cuir - France - XVIIIe siècle - L. 77 cm   l. 44 cm   H. 16,5 cm

 

D'après les Mémoires de Madame Campan, cet objet aurait été officiellement commandé par la reine en 1791 pour sa soeur, la Duchesse de Saxe-Teschen. Mais, d'après le témoignage de la femme de chambre de la reine, il était prévu qu'il fasse partie des bagages de la famille royale, lors de sa fuite qui s'acheva à Varenne. Saisi en 1794 dans le dessein de le porter à la Monnaie pour en fondre l'argenterie, ce nécessaire fut cependant préservé.

 

Bassinoire à manche amovible se divisant en cinq parties - Argent, ébène, ivoire - nécessaire de voyage de Marie-Antoinette - France - 1788 - 1789 - D. 23 cm

Ensemble d'étuis à couture - Ebène, ivoire - nécessaire de voyage de Marie-Antoinette - France - avant 1791 - H. 14 cm

Le premier nécessaire de voyage de la Reine est conservé au Département des Objets d'Arts du Musée du Louvre.

 

retour au début

 

 

Pommanders

Vinaigrette en forme de poire s'ouvrant en trois parties et devant contenir une petite éponge - Argent guilloché - Allemagne - XVIIIe siècle - H. 7 cm

 

 

 

 

 

 

 

Vinaigrette en forme de poire s'ouvrant en trois parties et devant contenir une petite éponge - Argent guilloché - Allemangne - XVIIIe siècle - H. 7 cm

Porter sur soi un produit odorant pour se protéger des épidémies est un usage très ancien. Lorsque les parfums existaient seulement sous forme solide, l'élégante avait l'habitude, dès le XIVe siècle, de mettre des boules de senteur dans de petits bijoux précieux appelés pommanders, suspendus à son cou où à sa ceinture. En or ou en argent ajouré, ils ont des formes variées (fruits, animaux) mais évoquent le plus souvent une pomme qui s'ouvre par quartiers. The Dictionnary of the English Language, de 1768, explique que le mot pommander vient du substantif français pomme d'ambre. Un autre dictionnaire anglais de 1811 précise qu'il était gardé dans la poche ou suspendu au cou comme une amulette. Son exhalaison était considérée comme un excellent préservatif contre la peste. Peu à peu, les pommanders disparaissent, les parfums se présentant de plus en plus sous forme liquide. D'autre part, devant le discrédit du musc, les parfumeurs suggèrent à toutes les dames de porter leur parfum dans des flacons de peur d'incommoder ceux qui ne les supportent plus.

Petites boîtes de formes variées, généralement rectangulaires, munies d'une chaînette, les vinaigrettes permettent de garder dans sa poche du vinaigre aromatique. A l'intérieur, une grille en métal doré (pour lui éviter d'être attaquée par l'acide) s'articule autour d'une charnière, maintenant un petit morceau d'éponge turque imbibé de vinaigre aromatique.

Obtenu par distillation ou en infusion au vinaigre de plantes odorantes, le vinaigre est utilisé pour la toilette (il lave le visage et donne du ton aux fibres de la peau) ou comme thérapie. En effet, lorsque la femme s'évanouit, son entourage peut lui frictionner le front avec un coton imbibé de vinaigre, ce qui apporte un complément appréciable à l'effet de l'inhalation. Selon les goûts, il est possible de disposer de vinaigres aromatiques tels que ceux de lavande ou de colchique.

 

 

retour au début

 

 

Bergamotes

Boîte bergamote recouverte de pâte à papier - Grasse - XVIIIe siècle - D. 6,5 cm

Boîte bergamote décorée d'un angelot appuyé sur son carquois, tenant une fiole surmontée de l'inscription "liqueur de mon amour" - Grasse - XVIIIe siècle - D. 5,8 cm

 

L'industrie florissante de Grasse au XVIIIe siècle favorise la création d'une spécialité : les boîtes bergamotes ou "orangettes" réalisées avec l'écorce de la bergamote.

 

Ensemble de mandrins en bois - Grasse - XVIIIe siècle - L. 11 cm ; 13,5 cm ; 15 cm   D. 5,6 cm ; 2,8 cm ; 3,6 cm

Ensemble de boîtes bergamotes aux couvercles surmontés de personnages - Grasse - XVIIIe siècle - H. 18 cm ; 10,8 cm ; 13,8 cm

 

La peau retournée est disposée sur un mandrin de bois afin d'en épouser la forme en séchant. Puis recouverte d'un cartonnage, elle est ensuite peinte, le plus souvent de scènes galantes et enfin vernie.

 

Ensemble de boîtes bergamotes servant de reliquaire - Grasse - XVIIIe siècle - D. 6,8 cm

Ces boîtes bergamotes contiennent des pastilles, de la poudre, des petits flacons... et font souvent l'objet de présents.

 

 

Coffret en bois décoré de gravures coloriées, collées et vernies ; intérieur composé d'une mosaïque d'écorces de bergamotes - Italie - XVIIIe siècle - L. 25 cm   l. 18 cm

 

Il existe parallèlement des boîtes-coffrets en carton dont l'intérieur est souvent confectionné d'une marqueterie de bergamote.

 

Boîte bergamote au couvercle surmonté d'un personnage (Bonaparte ?) - Grasse - XVIIIe siècle - H. 10 cm

Ensemble de boîtes bergamotes dont les personnages surmontant les couvercles évoquent la vie quotidienne - Grasse - XVIIIe siècle - H. 10,3 cm ; 9,8 cm ; 10 cm

Ces objets de facture et de décor plus grossiers sont vraisemblablement réalisés en Italie pour être acheminés ensuite vers Grasse.

 

 

 

retour au début

 

 

Pots-pourris

Paire de vases à pot-pourri, couvercles surmontés de statuettes représentant des singes accroupis - Grès, bronze doré - Angleterre - XVIIIe siècle - H. 30 cm

 

 

Vase à pot-pourri - Céramique - Italie, Albissola - 1760 - H. 34,5 cm

Au siècle des Lumières, mouchoirs, vêtements, boiseries, tentures, ... tout est parfumé. Pour l'atmosphère, on utilise des brûle-parfums et des vases à pot-pourri, véritables oeuvres d'art en métal précieux ou en porcelaine, qui contiennent des matières séchées parfumant ainsi l'environnement. Le pot-pourri disparaît avec la Révolution.

Une recette de pot-pourri :

Mettre dans un pot, en alternant, une couche de plantes aromatiques et une couche de sel jusqu'à ce qu'il soit plein :
> roses, fleurs d'oranger, lavande, marjolaine
> thym, myrte, mélilot, romarin, laurier,
> clous de girofle,
> feuilles de roses, muscade et oeillets.
Boucher. Laisser reposer au soleil en remuant un jour sur deux. Utiliser au bout d'un an.

 

 

vers Une histoire de la parfumerie

 

     
 
© 2000 - 2008 Musées de Grasse. Tous droits réservés - Crédits