|
|
| |
|
| |
De la réclame au marketing
|
 |
L'évolution de la publicité témoigne de celle
des mentalités mais également des techniques graphiques et publicitaires.
On peut considérer que son origine remonte à l'Antiquité où telle
fresque murale de Pompéi vante les qualités d'un sénateur romain
ou annonce un combat de gladiateurs. On peut également assimiler
à des phénomènes publicitaires les crieurs du Moyen Age, parcourant
les rues en annonçant les ordonnances et actes royaux ou religieux.
|
 |
Mais c'est en 1539, avec l'ordonnance dite de
Villers-Cotterêts, édictée par François Ier, réorganisant la justice
et prescrivant l'usage du français à la place du latin pour la rédaction
des divers actes, que le souverain exige également que les ordonnances
soient désormais écrites sur des parchemins et attachées à des tableaux.
|
 |
Cette ordonnance marque le début d'une langue
unique ainsi que celui de l'affichage, qui se développe par la suite
à la faveur d'événements comme la Révolution de 1789 où pamphlets
et affiches fleurissent, tantôt typographiques, tantôt imprimés
ou illustrés en couleurs, selon la technique de l'impression du
papier peint.
Mais l'histoire de la publicité et celle de l'affiche, premiers
médias au sens où nous l'entendons aujourd'hui, évoluent essentiellement
à partir de la révolution industrielle. Les techniques de vente
d'alors évoluent progressivement.
|
 |
Si le début du XIXe siècle voit naître la réclame,
les grandes affiches en chromolithographie n'apparaissent qu'à la
fin de ce siècle. L'utilisation de cette technique marque en effet
le début d'un autre type de publicité, propre à la naissance de
la grande ère industrielle et de la parfumerie, qui n'a plus grand-chose
à voir avec celle de l'époque romantique.
La réclame va annexer le monde des petits objets : d'abord les cartes,
les cadeaux à l'acheteur, les objets-souvenirs pour les enfants
; puis les petits calendriers illustrés à partir du Second Empire
et, plus tard, les éventails publicitaires.
|
 |
Le monde de la réclame passe par l'image, mais
aussi par le mot ; le discours tenu est emprunté à celui de la bourgeoisie.
Un événement important va favoriser l'évolution de l'affiche : l'apparition
de l'affiche dite de "librairie", en noir et blanc et de petite
taille. Les libraires conservent en effet le privilège d'imprimer
et d'afficher librement pour annoncer leurs nombreuses publications.
L'application de la technique de lithographie à cette affiche de
librairie marquera une étape notoire de son histoire.
|
 |
Un second événement va ensuite faire progresser
considérablement le discours de la réclame : la première Exposition
Universelle, en 1851 où sont distribuées des médailles, des récompenses,
utilisées comme moyens de promotion. Les différentes Expositions
Universelles deviennent sources de textes publiés dans toutes les
revues et constitueront une publicité non négligeable.
A la fin de cette époque (1860-1870), les techniques de communication
cessent d'être artisanales et suivent un marché international.
|
 |
En France, elles doivent s'adapter à de nouveaux
supports : le mur et les colonnes d'affichage. On crée donc des
affiches pour l'extérieur, de plus en plus grandes, imprimées avec
de nouveaux procédés résistant à la pluie. On utilise un procédé
permettant à la fois les grands formats, les couleurs variées et
nuancées : la chromolithographie. Imaginée par Engelmann en 1837,
elle est mise au point vers 1866 par le peintre Jules Chéret qui
donne ainsi à l'affiche ses lettres de noblesse. Il en permet la
large diffusion et ouvre la voie à un art populaire et vivant.
|
 |
La production massive d'affiches illustrées en
couleurs transforme le paysage urbain, de Paris en particulier,
en pleine rénovation sous l'impulsion du baron Haussmann. Plusieurs
schémas sont alors offerts à l'industriel ou au commerçant. S'il
connaît un artiste, il peut s'adresser directement à lui et commander
une affiche. La maquette est ensuite confiée à l'imprimeur ; là
elle est transférée sur la pierre par les lithographes. Certains
artistes, au contraire, préfèrent travailler eux-mêmes directement
la pierre et surveiller l'impression.
|
 |
Les artistes réalisent tous travaux publicitaires
: projets, maquettes, dépliants... préfigurant ainsi la structure
actuelle des agences de publicité. Néanmoins, l'affiche n'est plus
aujourd'hui qu'un média parmi d'autres et elle rappelle ou suggère
un visuel dominant. Le plus souvent, elle n'est plus l'oeuvre d'un
artiste, mais le résultat d'un travail d'équipe.
|
 |
|